22ème Congrès du PCF

Mots-clés : Congrès, Démocratie, France, Parti Communiste

14-21 Février 1976 • François Turquan

Couverture TS N°690, 14-21 Février 1976« Les olympiades de la démocratie »

Le 22ème Congrès du PCF (Parti Communiste Français) a confirmé les changements survenus dans le Parti depuis plusieurs années mais n’a pas introduit de nouveaux changements. Le PCF a pris modérément ses distances vis à vis de l’URSS (PCUS) en exprimant son désaccord sur les privations de libertés individuelles et collectives, assurant que la démocratie politique et économique sont les conditions de la marche du socialisme. Le congrès réaffirme son engagement dans l’union de la gauche. Mais les termes du débat montrent que la concurrence entre le PCF et le PS ne va pas s’atténuer. Leurs projets politiques, les alliances sociales qu’ils proposent, sont loin d’être identiques et les tensions ne sont pas prêtes à disparaître. Le congrès a montré par ailleurs la prépondérance personnelle de Georges Marchais et la personnalisation du pouvoir. Enfin on peut regretter le manque de démocratie dans l’expression autorisée des sections et des conférences fédérales puisque sur les 4968 amendements transmis par les sections et les 821 amendements transmis par les fédérations seuls 76 ont été retenus par la commission de la résolution du Congrès.

Le PCF et la dictature du prolétariat

Mots-clés : Congrès, Socialisme

24-31 Janvier 1976 • François Turquan, Victor Leduc, Louis Althusser

L’abandon officiel par le PCF (Parti Communiste Français), à son 22ème Congrès, de la référence à la dictature du prolétariat interroge les médias. François Turquan et Victor Leduc profitent de cette occasion pour en interroger l’origine et la signification. La conception originelle de la dictature du prolétariat, celle de Marx, celle du marxisme vivant, n’a rien à voir avec les mythologies staliniennes ou groupusculaires. Elle s’appuyait sur la réalité et découlait de l’analyse des situations concrètes auxquelles la classe ouvrière s’est vue confrontée au siècle dernier, dans les phases les plus aiguïes de sa lutte contre la bourgeoisie. Cette réalité a été modifiée et précisée chaque fois que la question de la conquête et de l’exercice du pouvoir s’est vu posée aux travailleurs. Victor Leduc cite Marx qui explique que l’organisation de la société sur la base d’une association libre et égalitaire des producteurs relèguera le rôle de l’Etat au Musée des antiquités. La dictature du prolétariat telle qu’elle est invoquée aujourd’hui fait plutôt référence à une dictature bureaucratique et s’oppose de façon absolue à la démocratie ouvrière.

Perspectives autogestionnaires

Mots-clés : CFDT, CLAS, Congrès, Socialisme autogestionnaire, stratégie syndicale

14 Juin 1973 • Entretien avec André Jeanson, propos recueillis par Gérard Feran

Après le congrès de la CFDT et les initiatives du Comité de Liaison pour l’autogestion socialiste, André Jeanson, fait le point sur les perspectives autogestionnaires abordées lors de ce 36ème congrès. La CFDT veut préciser sa place dans le courant socialiste autogestionnaire et le rôle qu’elle entend y jouer, et préciser quel sera la nature de ses contacts avec les formations politiques et toutes les organisations qui ont pris l’autogestion comme thème d’action. La CFDT a pris l’initiative de lancer un comité permanent pour organiser plusieurs colloques sur l’autogestion. La démarche du C.L.A.S. est d’inventer autre chose qu’un parti politique traditionnel. Il s’agit plutôt d’inventer un mouvement politique qui serait autogestionnaire dans ses structures, son style d’action, dans les types de liens qu’il essaye de construire avec des organisations qui ne sont pas directement politiques. Il s’agit de construire un mouvement au sein duquel chacun pourra conserver sa spécificité, syndicale, politique ou culturelle et où puissent s’exprimer les différents aspects d’un même combat.

Par les luttes, pour l’autogestion

Mots-clés : CFDT, Congrès, Socialisme autogestionnaire

6 Juin 1973 • Alain Rannou, Edmond Maire et Hubert Lesire-Ogrel

Le 36ème Congrès de la C.F.D.T. a apporté sa contribution au courant pour l’autogestion socialiste qui s’ébauche. S’il les débats laissent malgré tout un goût d’inachevé, il n’en demeure pas moins qu’à partir du projet de société défini lors du précédent congrès, il a défini les modes d’action, les revendications et la stratégie de la centrale. Les débats ont été un échange d’expériences et d’analyses pour permettre de définir une politique revendicative en fonction d’objectifs intermédiaires entre un projet de société et la réalité. Lors de la résolution générale, la question de la transition et des comités de grève ont été âprement discutés. Ce n’est que si l’ensemble de ceux qui croient que le socialisme sera autogestionnaire qu’il sera possible de créer une force politique capable d’organiser ce courant et de préciser son contenu. C’est dans la compréhension de ces questions par les délégués, leur prise en charge par l’ensemble de l’organisation, leur traduction sur le plan des luttes sociales, leur avancée dans la prise de conscience de l’ensemble des travailleurs que se situent les véritables enjeux.

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