Laval : 6H pour l’autogestion

Mots-clés : Mouvements sociaux, Socialisme autogestionnaire, stratégie syndicale

18-24 Juin 1976

À Laval, « 6H pour l’autogestion » ont été organisées par la Fédération de la Mayenne du PSU  inscrivant cette réflexion dans la perspective des Etats généraux pour l’autogestion socialiste à Paris, les 3 et 4 juillet prochains. Le présent compte-rendu entend remplir une double fonction : d’une part, assurer le lien entre les participants aux « 6 heures », d’autre part élargir le cadre de la réflexion engagée. Devant la faiblesse du mouvement ouvrier, tant dans ses organisations que dans son expression, il convient de tout faire pour favoriser la conscience de classe. La syndicalisation est un passage obligé en tant que démarche collective autour de la question des exploités. La grève comme les luttes ouvrières en sont un moyen. Un débat stratégique de fond sur le mouvement de masse et sur l’articulation entre pouvoir populaire et pouvoir d’Etat est au coeur de la problématique. De nouvelles rencontres pourront être organisées, à Laval ou dans d’autres localités du département, réunissant les militants, organisés ou inorganisés, qui se réclament du projet autogestionnaire.

Mouvement pour une alternative non-violente

Mots-clés : Capitalisme, Socialisme autogestionnaire, stratégie politique

12-18 Juin 1976 • Maurice Debrach

« Révolution : oui, mais comment ? »

Le mouvement pour une alternative non-violente (MAN) créé en 1974 a pour objectif de transformer la société. Ce mouvement qui se présente comme une fédération de groupe locaux n’est pas un nouveau parti politique. Il regroupe dans les faits des militants qui adhèrent à des partis existants ou qui sont sans parti. Ils ont engagé une réflexion politique sur les questions de la violence ou de l’armée. Autour du projet de socialisme autogestionnaire, ils constatent que la société est fondée sur la domination politique et l’exploitation économique des travailleurs par une minorité. Cette domination constitue la violence institutionalisée. Ils affirment ne pas rejeter la violence parce que moralement « mauvaise » mais parce qu’elle est contraire à la construction d’une nouvelle société qui ne peut pas employer les mêmes armes qu’actuellement. Il faut dépasser la violence en comprenant qu’il est nécessaire de rompre avec la domination et l’exploitation et trouver de nouvelles formes d’action, d’organisation, de mobilisation populaire.

Le marxisme, l’Etat et son dépérissement

Mots-clés : Socialisme

12-18 Juin 1976 • Henri Lefebvre, Victor Leduc, Guy Perrin

« Le marxisme, l’Etat et son dépérissement » est le titre d’un interview d’Henri Lefebvre par Victor Leduc autour d’une réflexion sur l’Etat et donc, de la question du pouvoir dans le monde moderne, en s’appuyant sur les textes de Marx. Marx explique le dépérissement de l’Etat à partir de La Commune et rappelle comment la révolution politique brise l’Etat bourgeois et le mène au dépérissement. Henri Lefebvre démontre que l’Etat est gestionnaire de l’ensemble social et qu’à ce titre, il domine la société civile, prend en main l’économie et la croissance mais dispose aussi de l’armée, de la police et dans une large mesure de l’appareil judiciaire. Henri Lefebvre retient comme fil conducteur de l’analyse de l’Etat moderne les deux aspects fondamentaux de l’Etat : la gestion et la violence. L’auteur analyse également la mondialisation de l’Etat dans laquelle ceux-ci se superposent aux autres marchés, c’est-à-dire ceux de la force de travail, des marchandises, des capitaux. Le marché est inter-étatique et porte notamment sur les armes et les armements. En cela il est « terricide ». Enfin il aborde la question de la transition qui est un concept important mais difficile à définir et s’explique sur le mode de production étatique (MPE).

Lip, portes ouvertes

Mots-clés : Aménagement du territoire, Politique industrielle

13-19 Mai 1976 • Martin Touan

Couverture TS N°701, 13-19 Mai 1976Les journées portes ouvertes de Lip ont été un succès : 15 000 personnes se sont bousculées aux portes de l’usine de Palente. Les forums auxquels participaient une trentaine d’entreprises en lutte ont permis de poser la question des formes de popularisation des mouvements de luttes et comme l’indique Charles Piaget de mettre l’accent sur la nécessité de s’unir à la population de sa région pour être compris. Ces journées furent l’occasion de mieux connaître les Lip au-delà des mythes et d’aborder le futur industriel de la région. L’entreprise Lip,  compte tenu de son potentiel technique et humain pourrait devenir le « concepteur de produit » et fournir de la sous-traitance à une grande partie des entreprises horlogères du département. La diversification industrielle pourrait se matérialiser par des marchés de pointe : téléphonie, informatique… C’est le sens de ces journées qui débouchèrent sur un appel à la multiplication de ce genre de rassemblement.

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