De Yalta à Gdansk

Mots-clés : Pologne

Septembre-Octobre 1980 • Bernard Ravenel, Aleksander Smolar

Les grandes idées du partage de Yalta, un monde libre contre le système totalitaire, risquent de s’effondrer après l’été polonais et ses mouvements de contestation des travailleurs. A Gdansk, la situation intérieure prend un tour inquiétant.  Lech Walessa, au lendemain de la réunion des représentants des syndicats indépendants, manifeste son inquiétude face à la volonté du pouvoir d’entraver l’application des accords et d’en annuler petit à petit les acquis. De son côté, la Pravda insiste lourdement sur la nécessité de rétablir la toute puissance de l’autorité du parti et dénonce les ingérences étrangères anti-socialistes. Le contexte international doit être pris en compte pour comprendre les risques qu’entraîneraient une intervention armée de l’URSS car la Pologne de 1980 n’est pas la Tchécoslovaquie de 1968. Ainsi se trouve posé la question de la remise en cause de la politique des blocs comme obstacle à une paix durable, à l’autodétermination, à l’autogestion. Les travailleurs polonais ont avec réalisme pris en compte cette difficulté et n’ont pas exigé une modification radicale des rapports avec l’URSS.

Où en est le mouvement des femmes ?

Mots-clés : Féminisme

11 au 24 Juillet 1980 • Femmes PSU de Rouen

Un bilan des femmes de Rouen

Le mouvement des femmes n’est ni unanime ni unanimiste, en particulier à Rouen. Plusieurs courants sont en présence à l’intérieur du mouvement des femmes et s’affrontent ou s’ignorent. Depuis octobre 1979, le courant psychanalyse et politique s’est octroyé le sigle MLF. Ceci a provoqué des heurts très violents à l’intérieur du mouvement des femmes notamment à Paris et dans certaines ville de province. A Rouen il n’y a pas eu de heurts mais méfiance et ignorance. La LCR se demande comment restructurer le mouvement des femmes. Cette interrogation est une atteinte à l’autonomie du mouvement car il tente d’élaborer une stratégie externe à un mouvement qui n’est pas structuré, en particulier à Rouen. La richesse du mouvement des femmes réside justement dans cette absence de structure pour lui permettre de garder toute sa spontanéité et sa capacité à proposer des analyses nouvelles. Cependant cette absence de structure pénalise le mouvement dont les décisions prises en AG ne correspondent pas à la réalité de terrain et restent lettre morte. Le collectif féministe contre les violences sexistes se veut une ébauche de structure et s’est mis en place à la suite du procès d’une victime de violences sexistes. Les questions d’organisation du mouvement restent posées et sont ressenties comme lourdes et paralysantes.

Études : « décoloniser la province »

Mots-clés : France, planification, Socialisme

1980 • Patrick Dibout

Les années 1965-1966 sont pour le P.S.U, celles des colloques et des rencontres. Il s’agit de rassembler autour du PSU, les forces novatrices. C’est aussi l’affirmation de l’existence d’une gauche nouvelle. C’est aussi l’affirmation du prochain secrétaire Michel Rocard qui présente à St Brieuc son rapport intitulé « Décoloniser la province ». Ce rapport est une étape dans la réflexion du parti sur l’organisation administrative et politique de la France que prolongeront les discussions sur les minorités nationales et les propositions de la Charte de 1977. Critique Socialiste présente ici l’analyse de ce texte par Patrick Dibout.

Direction Politique

Mots-clés : Élections présidentielles, Libertés publiques, Santé

11-24 juillet 1980 • Direction Politique, Michel Mousel, Victor Leduc

La Direction Politique s’est réunie les 28 et 29 Juin 1980. La résolution politique constate une dégradation de l’emploi, une inflation en hausse, une baisse sensible du pouvoir d’achat, une France en crise à la veille des élections présidentielles de 1981. Les divisions politiques et syndicales ne peuvent imposer une riposte au durcissement de la politique du pouvoir : démantèlement de la Sécurité Sociale, mesures contre les travailleurs immigrés et les étudiants étrangers, atteintes au droit de manifester et répressions policières. Le PSU propose de créer autour de la proposition du contrat présidentiel une dynamique pour l’ensemble des forces populaires afin d’aboutir à la défaite de la droite au second tour des élections présidentielles. Il est décidé de soutenir au 2ème tour le candidat de la gauche le mieux placé à condition que celui-ci tienne compte des revendications populaires soutenues par le PSU : réduction du temps de travail, réduction des inégalités, refus du nucléaire et protection des libertés. En outre la direction politique se prononce clairement contre la logique capitaliste du système de soins et participera à toute action qui ira dans ce sens.

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