L’avenir est-il au socialisme ?

Mots-clés : Économie, Indépendance, Politique industrielle, Socialisme autogestionnaire

6-12 Juillet 1978 • Yvan Craipeau

Faut-il penser que l’avenir politique et économique des pays doit être socialiste ? Comment ne pas être frappé par l’évolution de la planète depuis 60 ans ? De la Chine à Cuba, du Vietnam à la Yougoslavie, mais aussi à l’Angola ou à l’Ethiopie, à l’Algérie ou à la Libye, la majorité de la population du globe vit dans des pays qui se réclament du socialisme. Cependant, nulle part les travailleurs n’y contrôlent la production et n’y déterminent leur destin. La production est entièrement ou essentiellement sous le contrôle de l’Etat. Toutes ces sociétés sont apparentées à la société « soviétique », même si leur histoire est différente. Mais, pratiquement, partout la voie est barrée à la réalité de la démocratie et du socialisme autogestionnaire. Faut-il penser que le socialisme n’a rien à voir avec la lutte que les travailleurs mènent depuis un siècle et demi pour leur émancipation ? C’est le sens de notre lutte qui est remise en question. Si le capitalisme bureaucratique d’Etat permet de surmonter les obstacles de l’industrialisation, il ne permet pas au capitalisme mondial de surmonter ses contradictions. Au contraire, il les porte à leur paroxysme. L’exacerbation des conflits armés en est un signe.

Parlement européen, l’enjeu

Mots-clés : Élections

6-12 Juillet 1978 • Bernard Ravenel

Le Parlement européen était jusqu’en 1978 élu par les Parlements nationaux. La décision de porter l’élection des représentants au Parlement européen au suffrage universel a été signée à Bruxelles le 20 septembre 1976. L’acte entre en vigueur en juillet 1978, après sa ratification par tous les états européens. Les premières élections européennes ne sont en réalité que des élections nationales en vue d’élire un parlement européen. Ce scrutin se fera à la proportionnelle. L’enjeu de l’unification politique européenne est la nécessité politique de trouver une nouvelle articulation entre l’Etat en tant qu’institution nationale et l’internationalisation accrue du capital. L’unification européenne dans les termes où elle se poursuit est une défaite du prolétariat par l’organisation supra nationale qui pèsera sur les travailleurs et aggravera la dépendance des capitalismes faible vis à vis des capitalismes forts (R.F.A). Pour lutter contre cet état de fait, l’ébauche d’unité syndicale manifestée par la Confédération européenne des Syndicats (C.E.S.) est un point de départ. Il faut un programme unificateur pour fédérer les forces européennes anticapitalistes et autogestionnaires dans chacun des pays concernés.

Yougoslavie, trente ans après le « non » à Staline

Mots-clés : autogestion, Indépendance, Socialisme

29 Juin-5 Juillet 1978 • Victor Leduc

La Ligue des communistes de Yougoslavie, trente ans après le « Non » à Staline, vient de tenir son XIème congrès. En recevant les délégations de la quasi totalité des Partis communistes, y compris l’imposante délégation soviétique et en enregistrant le message chaleureux du Parti Communiste chinois, Tito et ses compatriotes, les premiers qui ont dit non à Staline, ont éprouvé de la satisfaction. Dans son rapport, Tito se garde de triomphalisme en dépit de l’évidente consolidation de la position de la Yougoslavie. Il souligne les dangers de l’hégémonisme et condamne les partis qui tenteraient d’imposer leurs conceptions politiques et idéologiques aux pays en voie de développement. Il avoue des insuffisances dans le système économique yougoslave et rappelle les progrès à faire pour intensifier la productivité du travail et dénonce les investissements non rentables. Au coeur des problèmes il y a tout ce qui touche au développement de l’autogestion dans la vie économique. Des questions se posent pour arriver à faire naître et vivre le système politique de la base autogérée, pour venir à bout du technocratisme et de la bureaucratie. Il faut dépasser le monopole du pouvoir malgré le parti unique. Des discours optimistes et contradictoires à la fois, qui témoignent d’une réflexion et d’une volonté de dépassement qui méritent d’être signalées à tous les autogestionnaires.

15ème rencontre des GAM (2)

Mots-clés : cogestion, front autogestionnaire, Socialisme

29 Juin - 5 juillet 1978 • Louis Jouve

 » Des prototypes du Front Autogestionnaire »

Les GAM, Groupes d’action Municipale, réunis au Ulis dans l’Essonne les 20 et 21 Mai 1978 ont fait le point sur leurs actions avec les associations, la population et les municipalités. Les G.A.M. dénoncent le cumul des mandats politiques et associatifs et demandent une plus large ouverture des commissions municipales à la population, ou une information sur les dossiers épineux. Ils suggèrent que la vie associative soit favorisée par un urbanisme convivial et des lieux de rencontres ouverts plutôt que par des subventions paternalistes. Ils souhaitent oeuvrer pour la résolution des contradictions entre population et représentants associatifs ou institutionnels dans un sens autogestionnaire. A travers ces deux jours de rencontre, on a pu remarquer plusieurs types de G.A.M.avec des évolutions différentes depuis les pionniers de la période 63-67. Certains ont été créé à la suite d’une lutte ponctuelle et rassemblent toutes les classes de la population, un second type est marqué par la concurrence avec le PS face aux communistes, et un troisième type résulte du refus des partis. Tous ces G.A.M par la multiplication de leurs interventions, un état d’esprit expérimental, la souplesse d’un discours décentralisé, l’action de masse, préfigurent les fronts autogestionnaires avec qui il faut compter.

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