Travail et autonomie

Mots-clés : lien social

17 Décembre 2014 • Michel Lallement, Alain Obadia

L’autonomie est une notion utile pour rendre raison des transformations du travail dans les sociétés modernes et, plus généralement encore, des métamorphoses du capitalisme. Deux familles de pensée peuvent être distinguée de ce point de vue : la première, bien représentée par les travaux empiriques des sociologues, s’intéresse à l’autonomie au travail (capacité à inventer d’autres règles que celles imposées par le management) tandis que la seconde, qui s’inscrit dans la tradition de la philosophie sociale, analyse les conditions de l’autonomie du travail (capacité à déterminer les objectifs et les moyens des activités productives en s’émancipant de toute forme d’intégration systémique).

En regardant les transformations du travail au cours de ces dernières décennies, il s’agit de se demander comment l’autonomie au travail a été conquise (ou pas) et pourquoi il est si difficile de concilier autonomie au travail et autonomie du travail.

Michel Lallement est sociologue, spécialiste de sociologie du travail. Il est professeur titulaire de la chaire d’Analyse sociologique du travail, de l’emploi et des organisations au Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Il a, notamment écrit : « Le travail : une sociologie contemporaine » (2007). Il s’intéresse aux transformations de la production ainsi qu’à celles des relations de travail.

Alain Obadia a été secrétaire général de l’UGIC-CGT, membre du Bureau confédéral de la CGT. Il a fait partie du cabinet de Martine Aubry Ministre du travail, a été conseiller dans le domaine social du Président de la RATP. Il est membre du Comité exécutif du Parti Communiste Français, membre du Conseil Économique Social et Environnemental, Président de la Fondation Gabriel Péri.

 

la crise du travail, les liens sociaux en question

Mots-clés : Cahiers de l'ITS, Politique Économique, Publications

La crise du travail, couverture Cahiers de l'ITS Janvier 2015 La « crise » que nous vivons se manifeste, notamment, dans l’éclatement de tous les liens sociaux qui avaient constitué jusqu’à présent des lieux sinon de dialogue du moins de résistance. Certains voient la période actuelle comme une phase de « transition » qui serait liée notamment à la disparition de la centralité du travail dans la réalité des modes de vie, l’émergence d’autres logiques de vie sociale. Certes ces observations correspondent à des réalités. L’Institut Tribune Socialiste estime toutefois que la question du travail reste une question centrale. La place temporelle et psychologique du travail a diminué, modifiant la construction des identités individuelles et collectives… Mais le travail continue à fournir très majoritairement les moyens d’existence, institue pour beaucoup l’accès à la reconnaissance sociale. Il est un lieu porteur de relations sociales. Le chômage de masse, l’automatisation, la dé-classification, la marchandisation et la financiarisation mondialisées, en prémisses ou en devenir dans les années soixante aboutissent aujourd’hui à un système qu’il nous faut repenser. Les transformations profondes du travail ne sont pas sans incidences sur la vie sociale dans sa globalité.

Sommaire de l’ouvrage :
Jean-Marie Vincent : La légende du travail
Pierre Naville : Les critères de la qualification du travail
Michèle Descolonges : Au sujet des métiers : des enjeux politiques renouvelés ?
Elsa Galerand et Danièle Kergoat : Le travail comme enjeu des rapports sociaux (de sexe)
Danièle Linhart : Modernisation managériale : la mise à mort des collectifs
Michel Lallement : Autonomie au travail, autonomie du travail
Jacques Freyssinet : Les syndicats et les crises du travail
Jean-François Naton : La vraie valeur vient du travail
Daniel Richter : Le travail concret : épicentre des contradictions sociales

Publié dans la Collection « Les cahiers de l’ITS » aux Éditions Bruno Leprince, Janvier 2015

L’Institut Tribune Socialiste a organisé autour de ce thème quatre rencontres animées par des sociologues, des chercheurs et des militants. Ces conférences peuvent être écoutées à la rubrique « Rencontres- séminaires » du site.

Les travailleurs pauvres

Mots-clés : lien social

Jeudi 13 Novembre 2014 • Denis Clerc, Manuel Domergue

Les « travailleurs pauvres » ont un emploi, mais demeurent dans la pauvreté du fait de la faiblesse de leurs revenus (revenus d’activité et prestations sociales). On estimait, en 2013, que près de 2 millions de personnes vivaient avec environ 800 € par mois.

Leur nombre est en augmentation, notamment du fait de la faiblesse des salaires et du fractionnement des emplois (petits boulots, alternance de phases d’emploi et de chômage ou d’inactivité). Alors que la pauvreté était en baisse dans les années 1970-1990, puis s’était stabilisée, elle est en hausse depuis les années 2000. C’est un tournant dans l’histoire sociale : ce n’est plus seulement l’insuffisance des emplois qui engendre la pauvreté, mais la mauvaise qualité de ceux qui se créent. La création d’emplois « paupérisants » a aggravé le problème au lieu de le résoudre.

Quelle est la situation aujourd’hui ? Que penser des politiques de l’emploi mises en oeuvre ou envisagées ?

Denis Clerc et Manuel Domergue apportent des éléments de réflexion et de discussion sur ce problème qui devient de plus en plus grave.

Denis Clerc est économiste, fondateur de la revue « Alternatives économiques », et de « L’économie politique ». Il est membre de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale » et Président de la FNARS Franche-Comté (une fédération d’associations s’occupant d’hébergement et d’insertion économique). Il a publié récemment : « La paupérisation des Français » (Colin, 2010) et Déchiffrer l’économie » (La Découverte, 2007-2011). 

Manuel Domergue a été un animateur du collectif de jeunes mal-logés « Jeudi Noir », avec lequel il a écrit Le Petit livre noir du logement (La Découverte, 2009), responsable de la commission Logement d’Europe Ecologie-Les Verts et journaliste à Alternatives économiques. Il est aujourd’hui directeur des études de la « Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés.

Écouter l’intervention de Manuel Domergue le 13 Novembre 2014, Institut Tribune Socialiste

Écouter l’intervention de Denis Clerc le 13 Novembre 2014, Institut Tribune Socialiste

La crise démocratique

Mots-clés : Démocratie

Rencontres-débats Institut Tribune Socialiste 2014-2015

Comment comprendre le délitement des systèmes politiques ? Comment s’en sortir ?
La dégradation du rapport des citoyens à la représentation politique connaît aujourd’hui une ampleur inégalée. La France est évidemment concernée, mais nous voyons bien que la perte de substance du rapport démocratique s’étend maintenant à toute l’Europe, ce qui témoigne de la profondeur de cette remise en cause
La crise systémique qui ébranle profondément les logiques de nos sociétés est impliquée dans la perte de substance du contrat démocratique, et les conséquences sociales d’une telle crise atteignent directement le vécu de nombre de citoyens, notamment dans les couches populaires.
Quels sont les fondements d’une telle dégradation d’un principe jusqu’ici hautement proclamé et comment trouver des éléments de solution ?

 

 

1 27 28 29 30 31 33