Mouvements sociaux et quartiers populaires

Mots-clés : Aménagement du territoire, Mouvements sociaux, participation

14 Janvier 2016 • Marie-Hélène Bacqué

Les quartiers populaires, en trente ans, ont changé avec le déclin des emplois ouvriers traditionnels, le développement du groupe « employés », notamment avec les emplois de service. La population de ces quartiers est très diverse ; la part de populations « étrangères » et « issues de l’immigration » a beaucoup augmenté. Ce sont des quartiers dans lesquels la ségrégation spatiale est à la fois sociale et ethno-raciale. C’est à partir des années 80 que s’est développé un discours de discrimination autour du « problème des quartiers » : les quartiers populaires ouvriers sont devenus des quartiers « difficiles ».
D’où les demandes de reconnaissance mises en avant dans les mouvements qui se sont développés surtout après 2005.
Le rapport écrit en 2013 par Marie-Hélène Bacqué et Mohamed Mechmache (« Pour une réforme radicale de la politique de la ville… ») met l’accent sur le pouvoir d’agir des citoyens, la nécessité de démocratiser la politique de la ville en co-décidant réellement avec les habitants, en créant des possibilités de rencontres entre ceux qui habitent et ceux qui travaillent dans ces secteurs.

Marie-Hélène Bacqué est sociologue et urbaniste, professeure à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense : elle dirige le laboratoire Mosaïques LAVUE. Elle travaille notamment sur les transformations des quartiers populaires et la démocratie urbaine en France et aux États-Unis. Elle a co-rédigé un rapport sur la participation dans les quartiers populaires (remis à François Lamy, alors ministre de la Ville, en juillet 2013). Elle a co-dirigé plusieurs ouvrages collectifs, dont, à La Découverte, Le Quartier. Enjeux scientifiques, actions politiques et pratiques sociales (avec Jean-Yves Authier et France Guérin, 2007) et Démocratie participative, histoires et généalogies (avec Yves Sintomer, 2011). Elle a par ailleurs participé, avec Mohamed Mechmache, à la création de la coordination nationale des quartiers populaires « Pas sans nous. »

Le syndicalisme et les travailleurs

Mots-clés : Entreprises, Nucléaire, Organisation du travail

5 Janvier 2016 • Joël Decaillon

Le syndicalisme dans tous les pays du monde s’affaiblit et ne représentent plus les travailleurs car le statut du salariat tel qu’il était, est aujourd’hui pratiquement inexistant. Joël Decaillon observe que 75% des travailleurs sont, dans le monde, sans protection sociale, et 60% n’ont aucun contrat de travail ; la crise de 2008 a affaibli l’ensemble des syndicats de la Méditerranée. Les mutations organisationnelles de l’entreprise, aujourd’hui conçue comme globale, c’est-à-dire avec des ramifications internationales, des sous-traitants, des groupes concurrentiels mais appartenant à l’entreprise,  proposent aux travailleurs un nouveau système d’organisation, de justice sociale tant dans la protection individuelle que collective. Les accords d’entreprise prennent aujourd’hui le pas sur les accords de branche sans prendre en compte le besoin du travailleur. On peut se poser la question du qui représente aujourd’hui les syndicats. Joël Decaillon estime qu’aujourd’hui le syndicalisme ne peut plus s’organiser uniquement autour de la question de la redistribution. L’entreprise doit être perçue au sein de son environnement, dans le cadre d’une nouvelle conception du développement. Cela implique la nécessité de concevoir un nouveau type de syndicalisme, que l’éclatement syndical actuel ne favorise pas.

Syndicalisme et salariat

Mots-clés : Politique Économique, Politique industrielle, stratégie syndicale

5 Janvier 2016 • Jean-Marie Pernot

Depuis une vingtaine d’années, le syndicalisme a perdu de son efficacité et ne représente plus le salariat d’aujourd’hui. Il n’a pas suivi l’évolution du monde du travail. Ce constat vaut partout dans le monde et singulièrement en Europe. Il a connu en France un affaiblissement plus précoce et plus radical qu’ailleurs. Les luttes – lorsqu’il y en a – ne sont plus du seul ressort des organisations syndicales. Pour Jean-Marie Pernot la crise du syndicalisme français s’inscrit dans un cadre commun à toutes les sociétés développées : la diminution des effectifs syndicaux, les difficultés des organisations à peser sur les objectifs stratégiques, l’atomisation du syndicalisme. Ces éléments sont à mettre en rapport avec la financiarisation du monde, les mutations des systèmes productifs, le développement de la sous-traitance et de l’externalisation, la réorganisation des services, le bouleversement des identités professionnelles… D’où les difficultés du mouvement syndical fondé sur l’entreprise et les champs professionnels, et la nécessité de concevoir un avenir dans lequel les objectifs transversaux, sociétaux, devraient avoir une plus grande importance.

Jean-Marie Pernot est docteur en sciences politiques, chercheur à l’Institut de Recherches Économiques et Sociales ; il a été secrétaire général de la Fédération des finances de la CFDT.

Elections, statistiques et inégalités

Mots-clés : Elections régionales, Front National

9 Décembre 2015 • Hervé Le Bras

Au lendemain du premier tour des élections régionales, Hervé Le Bras interroge les cartes et statistiques notamment autour du vote FN. Il observe que la carte de ces élections ne se différencie guère de la carte des présidentielles de 2012, et que, par rapport aux départementales de mars 2015, le vote de décembre a plutôt sanctionné la droite que la gauche. Le Front National a augmenté là où il était déjà fort, et l’on peut observer que les communes qui votent FN sont celles où il y a le plus de sédentaires : le vote FN est plus une affaire de sentiment, de rumeur, que d’idéologie.
Quand on regarde la carte des inégalités régionales (prenant en compte les revenus des plus pauvres, le taux de chômage, les jeunes de 24 à 34 ans sans diplôme, les familles monoparentales, le rapport entre les riches et les pauvres) on voit que cette carte et celle des votes du Front National se ressemblent beaucoup. Ce qui ne veut pas dire que ce sont les plus pauvres qui votent pour le FN, mais plutôt ceux qui ont peur de tomber dans la pauvreté ou ont le sentiment qu’ils vont être bloqués.

Hervé Le Bras est démographe et historien. Il vient de mettre à jour l’Altas des Inégalités. Les Français face à la crise et de publier Le pari du FN”.

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