Pour un revenu minimum social garanti

Avril - Mai 1987 • Patrick Santini, Jean-Claude Genêt, Philippe Choteau, Agnès Deboulet

La proposition de mise en place d’un revenu minimum social garanti, largement débattue aujourd’hui, n’est pas une proposition totalement nouvelle. On rappellera le premier article d’un projet de loi déposé en 1901 par le député SFIO Edouard Vaillant, qui affirmait que toute personne née en France ou résidant quelque soit sa nationalité avait droit à une protection contre tous risques sociaux. Il faut rappeler également que sous la pression des luttes ouvrières, les syndicats américains avaient, durant la première guerre mondiale, obtenu, avec la National War Labor Board, un salaire minimum vital garanti pour tous. La revendication d’un salaire social ou vital, d’un revenu garanti vient donc de très loin. Un week-end de travail, les 4 et 5 avril 1987 a réuni des élus locaux, des travailleurs sociaux et des syndicats pour définir la position du PSU à ce sujet. L’enjeu est de dissocier la notion de revenus de celle du travail. Bien plus qu’une mesure sociale supplémentaire, il s’agirait d’un mesure transversale de solidarité sociale qui engloberait le droit à une formation minimum afin de sortir du cadre de la bienfaisance. Ce revenu minimum donnerait une qualification juridique à une population qui n’a aujourd’hui aucun droit. Il faut le comparer à la loi de 1898 relative à la réparation des accidents de travail. Si ce statut juridique ne suffit pas à créer un droit social tout à fait satisfaisant, il permettra au moins, de se battre pour l’améliorer.

Mots-clés : Emploi, Sécurité Sociale, Temps de travail

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